Où trouver de l'aide, gratuitement
Joueurs Info Service — 09 74 75 13 13
Le dispositif national d'aide aux joueurs et à leur entourage, porté par le groupement SOS Addictions Prévention Soins. Au téléphone : des professionnels formés aux addictions, joignables au 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé, prix d'un appel local), de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7. L'appel est anonyme et s'adresse aussi aux proches : conjoint, parent, ami.
Le site joueurs-info-service.fr propose en plus : un chat individuel avec un professionnel, des forums d'entraide entre joueurs et entre proches, des espaces de témoignages, une auto-évaluation de sa pratique de jeu et un annuaire des consultations spécialisées près de chez vous (CSAPA, consultations jeunes consommateurs). Tout est gratuit.
SOS Joueurs — 09 69 39 55 12
Association historique d'aide aux joueurs et à leurs familles, fondée par une psychologue. Au 09 69 39 55 12, SOS Joueurs offre une écoute psychologique, mais aussi — c'est sa spécificité — un accompagnement juridique et social : surendettement, procédures, démarches auprès des créanciers. Utile quand les dettes de jeu sont déjà là.
Adictel
Plateforme privée d'assistance aux joueurs en difficulté, utilisée par de nombreux opérateurs comme service d'aide et de médiation. Adictel propose une écoute et un accompagnement vers le soin, et peut servir de relais quand le problème est lié à un site de jeu précis.
S'auto-exclure : ce qui existe, et ses limites
Le fichier national des interdits de jeux (ANJ)
En France, toute personne peut demander son inscription au fichier des interdits de jeux, géré par l'Autorité nationale des jeux (ANJ). La demande se fait en ligne sur le site de l'ANJ ou par courrier. Concrètement :
- l'interdiction vaut pour 3 ans minimum, renouvelable ; elle n'est pas levée automatiquement — il faut en demander la levée après l'échéance ;
- elle couvre les casinos et clubs de jeux terrestres ainsi que tous les sites de jeux agréés par l'ANJ (paris sportifs, hippiques, poker en ligne) ;
- les opérateurs agréés ont l'obligation de vérifier ce fichier et de refuser votre inscription.
Limite importante, par honnêteté : ce fichier ne couvre pas les sites offshore présentés sur ce site, car ils ne sont pas agréés par l'ANJ et ne consultent pas ce fichier. Si vous vous inscrivez au fichier des interdits de jeux, un casino sous licence de Curaçao ou d'Anjouan vous laissera quand même jouer.
Sur les sites offshore : auto-exclusion opérateur par opérateur
Pour les sites non agréés, utilisez les outils internes de chaque plateforme — la plupart en proposent, souvent dans la rubrique « Responsible Gaming » du compte :
- auto-exclusion du compte : fermeture temporaire (de 24 heures à 6 mois) ou définitive, sur simple demande au support ;
- limites de dépôt journalières, hebdomadaires ou mensuelles, à fixer avant de jouer ;
- limites de pertes et de temps de session quand elles existent.
Demandez l'auto-exclusion par écrit (chat ou e-mail) et conservez la réponse : un opérateur sérieux doit la respecter. Si vous jouez sur plusieurs sites, la démarche est à répéter sur chacun — c'est la vraie contrainte du hors-ANJ. En complément, certaines banques permettent de bloquer les paiements vers les jeux d'argent, et des logiciels comme Gamban ou BetBlocker bloquent l'accès aux sites de jeu sur tous vos appareils.
Les signes qui doivent alerter
Répondez honnêtement à ces dix questions. Plus les « oui » s'accumulent, plus il est important d'en parler à un professionnel :
- Jouez-vous des sommes plus importantes que ce que vous pouvez vous permettre de perdre ?
- Retournez-vous jouer pour « vous refaire » après une perte ?
- Avez-vous déjà menti à vos proches sur le temps ou l'argent consacrés au jeu ?
- Avez-vous emprunté de l'argent — ou vendu quelque chose — pour jouer ?
- Pensez-vous au jeu au travail, en famille, au point d'avoir du mal à vous concentrer ?
- Avez-vous déjà essayé de réduire ou d'arrêter, sans y parvenir ?
- Ressentez-vous de l'irritabilité ou de l'anxiété quand vous ne pouvez pas jouer ?
- Jouez-vous pour fuir des soucis, de l'ennui ou des émotions pénibles ?
- Le jeu a-t-il déjà causé des disputes ou mis en danger une relation, un emploi, des études ?
- Cachez-vous des relevés bancaires ou des notifications liés au jeu ?
Un seul « oui » ne fait pas de vous un joueur dépendant. Mais à partir de deux ou trois, parlez-en : le 09 74 75 13 13 existe exactement pour ça, bien avant que la situation ne devienne grave.
Les règles simples qui protègent
- Fixez un budget avant de jouer — une somme dont la perte totale ne changerait rien à votre mois. Jamais l'argent du loyer, des factures ou de l'épargne.
- Fixez une limite de temps et mettez une alarme. Le jeu en ligne est conçu pour faire perdre la notion du temps.
- Ne rejouez jamais pour récupérer vos pertes. C'est le mécanisme central de la spirale : une perte se constate, elle ne se « répare » pas en rejouant.
- Ne jouez jamais à crédit : ni découvert, ni crédit à la consommation, ni argent emprunté à des proches.
- Considérez chaque mise comme une dépense, pas comme un investissement. À long terme, l'espérance de gain est négative — c'est mathématique.
- Ne jouez pas sous le coup d'une émotion forte : colère, tristesse, euphorie, alcool.
- Faites des pauses régulières et tenez un compte honnête de vos dépenses de jeu sur le mois.
Mineurs : interdiction stricte
Les jeux d'argent sont strictement interdits aux moins de 18 ans, en France comme sur les sites présentés ici. L'exposition précoce au jeu est un facteur de risque majeur de dépendance à l'âge adulte. Parents : ne laissez pas vos moyens de paiement ou vos comptes joueurs accessibles, activez le contrôle parental de vos appareils et, au besoin, installez un logiciel dédié (Qustodio, Google Family Link, le contrôle parental intégré d'iOS, ou un bloqueur spécialisé comme BetBlocker). Si vous découvrez qu'un mineur joue en ligne, les professionnels de Joueurs Info Service peuvent aussi conseiller les parents au 09 74 75 13 13.